FullColor est un collectif de graffeurs qui s’est constitué en 1998, sur le terrain. FullColor, c’est surtout la rencontre entre Mad, Sage et Zarb. Il y a une vingtaine d’années encore, le graffiti était très mal perçu : incompréhension de la société, diabolisation médiatique, Zarb reconnaît le côté vandaliste et sauvage de la discipline, dont ils sont tous issus en réalité.

Entre revendication, volonté de partage et transgression positive, le collectif s’est fondé dans le but de pousser l’esthétique de l’art de la fresque. Rencontre le long des hangars de la Caserne Niel avec Zarb :

© Christophe Pit
© Christophe Pit

“Graffiti Art Bordeaux since 1998”, et avant, que faisais-tu ?

Avant je ne considérais pas le graff comme une activité ou une passion qui prendrait le plus clair de mon temps. J’ai appris tout seul à dessiner. D’abord à tenir un stylo et à essayer de faire des choses sur le moment, mais ensuite j’ai voulu vite faire autre chose que des petits dessins, ou des caricatures en cours pour faire rigoler mes amis.

J’aurai bien voulu faire une école pour apprendre l’art. Mais du fait que j’étais un peu hyperactif à l’époque cela m’a fermé beaucoup de portes.

Ce qui ne l’aura pas empêché de franchir celles de la Caserne Niel. Il y a une dizaine d’années, alors que seuls quelques militaires y stationnaient, Zarb est venu ici, par pur hasard :

J’avais des décors à peindre. On s’est mis sous la halle, en face de l’actuel restaurant, pour peindre. Par curiosité j’ai grimpé quelques marches et là, j’ai vu que c’était vide. J’ai fait mon petit graff dans le coin pour marquer le coup, comme on a l’envie de faire lorsque l’on découvre des endroits comme ça.

Installé dans son atelier à la Caserne grâce au Fond de dotation Darwin, Zarb peut aujourd’hui travailler sur des toiles, et les mettre dans un coin pour les faire mûrir, au fur et à mesure de ses inspirations du moment. Quelles sont-elles ? Son chemin de vie, mais également la Caserne :

Il y a là de grands espaces. Une esthétique. Dans l’histoire de Bordeaux, c’est un des plus gros terrains vagues que j’ai connu.

L’esprit qui règne ici, c’est celui qui régnait déjà dans les années 90 sur toute la rive droite, du Pont de Pierre jusqu’au Vieux Lormont.

C’était et c’est encore un quartier composé de friches et de vieux bâtiments historiques exploités à l’époque et laissés à l’abandon, en attendant les phases de réaménagement.

Zarb souhaite aujourd’hui transmettre son art, et inviter les passants à la réflexion autour des graphismes et des représentations de ses oeuvres, non pas sans un soupçon de revendication :

Je revendique cet art un peu oui, mais je pars du principe que chacun a ses idées et ses vérités. Les vérités de chacun dépendent des sources de leur environnement respectif. Mais la vérité prend le dessus au final sur tout ce qui a été faussé, je fais confiance à ça, à cette justice divine. On peint dans la rue dans les espaces, comme ça tout le monde y a accès. Au final, on se rend compte que nous avions ça pour passion, et au lieu de mettre 150e dans une paire de basket et bien nous, nous achetions de la peinture.

En savoir plus :
fullcoloriginal.tumblr.com
FullColor sur Facebook

Photographie © Christophe Pit

Articles similaires