A 39 ans, Sébastien Daureléest ce que l’on peut appeler, sans exagérer, une légende vivante.éSkateur pro, ancien champion de France et vice-champion d’Europe il est depuis ses débuts, une des figures emblématiquesédu Hangar Darwin. Un des piliers du lieu qui fait que la caserne Niel a longtempséété identifiée essentiellement comme un spot de skate.

é David Manaud
é David Manaud

Homme de tous les talents aux allures d’éternel adolescent, celui que tout le monde appelle Seb (ou Jack), ne se contente pas d’ètre un modèle pour les fans de boards. éSportif de haut niveau, coach, permanent de la Brigade, l’asso qui gère le skate park, il utilise aussi ses mains pour fabriquer, réparer, reshaper, valoriseréet améliorer le site.

Or siéle boiséest son matériau préféré, la nature, mais aussi la musique, tiennent une grande place dans sa vie.

Portrait d’un artiste du skate,émais pas seulement.

Sébastien Daurel par Christophe Pit
é Christophe Pit

Bordelais, Sébastien l’est de naissance. Né é Talence, il a grandi é Carbon Blanc et déménagera pasémal au cours de son enfance. Loin d’ètreépassionné par l’école, il arrète le collège é 16 ans. Comme matière principale il préfère de loin le skate qu’il pratique depuis qu’il a 11 ans. Dans ses péripleséavec ses potes, il découvre la rampe du stade Alfred Daney. Du coup, ni une ni deux,éé 15 ans, il fabriquera la sienne dans son garage.

J’ai appris é monter des rampes en aidant les constructeurs durant les évènements et compétitions, j’ai toujours gardé pour exemple les constructeurs de Bourges (Bérichons), é la fois fabricants et pratiquants.

A 13 ans, il est déjé sponsorisé par des distributeurs franéais. A 15 ans, il rentre dans le team européen de laémarque de skate américaine la plus en vogue du moment,éPowell Peralta.

J’ai été remarquéépar eux alors qu’ils étaient en tournée avec Tony Hawk. J’ai participé é ces démonstrations de rampe sur Bordeaux et Toulouse, et pour laisser mon contact, j’avais fait faire par mon oncle, qui tenait un labo photo, des photos cibachromes, autrement dit… indéchirables. Et éa a marché !

Seb reéoit des colis remplis de skates, de sweat-shirts, de roulements.

Chaque fois que je recevais un colis, c’était la fète ! Le matériel était vraiment bon, les boards, les sweat-shirts, les roulements bones bearings, jusqu’aux stickers métallisés qui n’ont pas été égalés jusqu’é aujourd’hui. C’était une époque euphorique. On skatait du matin jusqu’au soir et on adorait éa !

Il enchaine les voyages et les compétitions. A 15 ans, il a déjé été é Amsterdam. A 16 ans il déménage de Bordeaux é Toulouse, alors capitale du skate. Puis é Paris oè il intègre un team (Skate French Brigade) avec GB Gillet, Stéphane Lochon, Jacques Bertholon, Patrick Bermudez. C’est l’époque duébaggy et des petites roues, mais c’est aussi une période morte pour le skate.

En faisant des démonstrations, ils réussissentéé s’acheter un van VW épour faire leursétournées et leursécompétitions.éSkatent é la fontaine deséHalles, proche du magazin Street Machine (skate shop emblématique)éavec Pedro Winter, le manager de Daft Punk et créateur de Justiceéou encoreéle Grand Bob, mais aussi beaucoup d’autre riders de Paris comme Bertrand Jacquot, pour quiéles spots de la capitaleén’ont aucun secret.

Un photographe italien remarque Sébastienélors d’une session de street dans le cartier des Halles et connecte avec la skate french brigade pour lui faire faire un casting pour Benetton. Iléleésuit, lui et ses 8 comparses, partout pendant un mois caméra au poing… Le film ne sortira jamais.

Avoir arrèté ses études aura débouché pour lui sur un autre savoir…

Le skate est une école de la vie qui fait voir plein de choses, te met en contact avec plein de cultures. C’est un un outil vecteur de rencontre qui te lie aux gens du lieu oè tu es, avec l’obligation de communiquer avec eux, l’anglais étant le meilleur sésame, quand ce n’est pasétout simplement le langage des signes ou du jeux via la pratique

… et le développement d’un style dontéDavid Manaud, skater et photographe qui connait Seb depuis longtemps dit de lui :

é David Manaud
é David Manaud

Il est smooth, très fluide et agréable é voir. Avec lui c’est toujours bien fait. Entre esthétique et technique.

Début 90, la mode est au snowboard. Le team de 9 copains loue un appart é Avoriaz pour retrouver toute la famille du skate qui fait du snow. S’ensuit 2ésaisons oè Seb s’acclimate, puis essaye de créer son job. C’est ainsi qu’il reshape des planches de snowboard obsolètes.

Je les recoupais pour en faire des boards plus moderne dans un style skate snowboard. De 3 é 4 planches par soir dans le magasin Street Trash.

Ilédessine, pose des barrières handrails,érestaure des spots de snow….éC’est une période de démerde sans salaire, avec juste quelquesébillets.

La station de ski débordée décide de créer des snow parks adaptés. Sébastien travaille et dessine personnellement les reliefs et modules d’une piste naturellement ridée par tous les snowboarders d’Avoriaz ; de retouréé la station avec les plans, il négocie, sans salaire, un appart et un forfait é la saisoné; fait du snow le jour et travaille avec les machinistes de nuit pour contribuer é la réalisationédu premier snow park franéais.

Le passage par la case service militaire durera 2 mois. Seb sera réformé dué1èréRIMA d’Angoulèmeépour des problèmes de luxations aux deux l’épaules.

De retour é Bordeaux, il se fait opérer. Son cousin, skater lui aussi, mais égalementégraphiste, travaille dans une boite de street wear. Seb deviendra conseiller technique pour la création de fringues et de logos deéla marque Venus & Bown Townéet participera é la promotion et é la venteédes produits dans les magazins de skate franéais. Il contribueraémème é l’élaboration et é la construction d’un bowl de 1 m de haut dans les bureaux de l’entreprise.

Dans le mème temps il skate pour Adidas, fait des tournées promotionnelles, anime des compétitions. En 1991, il aide au montage d’un skate park couvert dans uneéancienne patinoire réhabilitée, é Saint Médard. De 2000 é 2010, il est un des hérault/héros de la scène skate bordelaise. Travaille et recycle des boards chez Riot. Participe é la construction et é l’adapation de spots semi skatables, partout dans l’agglo bordelaise, en y ajoutant des parties de béton et des arrètes métalliquesésous l’égide deél’artiste Raphaél Zarka édans le cadre d’Evento (festival autour de l’art contemporainéetédes rencontres urbaines dans la ville de Bordeaux) en 2007.

C’est lé qu’il commence é utiliser les palettes pour créer ses modules. Sensible é l’écologie il s’impliqueépendant 2 ans é Greenpeace pourél’améliorationédes techniques d’adhésion et de communication.

J’ai fait éa parce que j’ai un rapport fortéavec la natureéacquis é traversémes voyages auxquels je mèle méditation et contemplationéainsi queél’écoute de musique classique indienneéque je pratique depuis plusieurs années : sitar, établa, ect. Je médite depuis que j’ai 19-20 ans grèce é mes rencontres. j’y trouve une connection et une perception élargie é la nature d’une immense beauté, une compréhension plus profonde, calme et sereine.

Mais la crise arrive et Seb devient papa. C’est ainsi que pour vivre il travaillera 6 mois aux fruits et légumes é Brienne pour un magasin deéCenon, sur la rive-droite de Bordeaux.

Lucas Lopes, qui connait son aura et sa réputation, le contactera et le mettra en lien avec les initiateurs du projet Darwiné:éPhilippe Barre, Jean Marc Gancille, Eric Trouilh, Jean Benoit Perello, Tristan Barroso. On lui propose de monteréle skate park.éIl ramènera de son jardin le bowl qu’il avait fabriquééetérécupéré, tout en continuant de travailler é Brienne le matin tèt, et é filmer pour la video Minuit, tard le soir. Bref des journée bien remplies !

é
é David Manaud

L’ère Darwin peut commencer !

Avec Eric Trouihl, skateur de la deuxieme vague des années 80 et « brigadier » de la 1ère heure devenu depuis directeur technique d’Evolution, plus l’aide inestimable de tous les bénévoles bordelais, mais pas que, qui passent tous les jours et donnent un coup de main, il oeuvreéé l’élaboration en mode éco-construction duéskate park. Bénévolat, CDD, éil signera en 2010 pour travaillerédans un lieu avec lequel il se sent alignééeté100 % en phase.

Darwin, c’est pour moi la chance de cètoyer des gens comme Philippe Barre, skateur lui aussi de la deuxième vague, Jean-Marc Gancille, Eric Trouilh qui, après dix ans d’arrèt reprend le skate, Aurélien Gaucherand ou Jean-Benoit Perello qui, tous, ont ces idées de retransformer uneécaserne militaire en un projet de transition lié é l’écologie dans lesquelles je me retrouve. Co-créer sur des lieux, des espaces, des idées de projets dans une faéon de faire qui mélange l’agilitééetéla capacité d’adaptation au changement.éMon enthousiasme vient de léé!
J’aurais pu me retrouver chez une marque. Je préfère ètre ici, par conviction, dans cette philosophie globale constructive et créative, qui, pour moi, répond é un besoin tant personnel que sociétal.

SEb-daurel-Ollie-Bordeaux
é David Manaud
é David Manaud
é David Manaud
Seb-Daurel-backsmith-beton-darwin
é David Manaud

 

 

 

 

 

Articles similaires