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Pierrot  est né dans le quartier Queyries et a vécu presque toute sa vie rue Reignier. Impliqué depuis toujours dans la vie du quartier, passionné de jardinage, il a aidé  les membres de la 58ème à créer leur premier jardin potager.

Pierrot avait, au moment de prendre la parole, un petit sourire qu’on aimait bien. Son sourire, il disait sa bienveillance, sa joie de vivre, son désir de partager  et de transmettre ses connaissances. Et ses connaissances, elles étaient infinies ! Ayant travaillé aux Chantiers de la Gironde et au Chemin de fer, il parlait volontiers de sa vie dans le quartier, de ses joies, de ses peines et de ses combats. Passionné de jardinage, il aimait à faire visiter son potager de la rue Reignier, où poussaient de magnifiques légumes, parmi lesquels ce qu’il appelait la « salade du fainéant » parce qu’elle poussait toute seule.

C’est autour d’une alose que je l’ai connu. Dans les années 2000, la coutume était, tous les mois de juin, d’en faire griller une (enfin plusieurs) à Queyries, sur le terrain de l’ancien centre d’animation. Et c’est Pierrot qui réalisait la sauce  et qui surveillait la cuisson. Un moment convivial où plusieurs dizaines d’habitants du quartier se retrouvaient pour partager un repas hors du commun.

Depuis, et jusqu’à la fin de l’année 2013 où il nous a quittés, je l’ai croisé à toutes les réunions de quartier, avec Arlette, sa femme. Il a même été à l’honneur sur la  couverture d’un des fascicules publiés par Agora sur la caserne Niel.

Quelqu’un m’avait dit : « Tu veux savoir l’histoire du chemin de fer ? Va voir Pierrot ! »

C’est lui qui m’a montré qu’ il y avait deux sites appelés « magasins généraux » :  la halle aux farines, rue de la Rotonde, et  les bâtiments du 87 quai des Queyries ! De quoi y perdre son latin !

Grâce à lui, j’ai su que, la halle aux farines, c’était les « magasins généraux SNCF », mais depuis 1900 seulement, car avant, c’était les « magasins généraux de la Gironde ». Tandis que, quai des Queyries, c’étaient aussi les « magasins généraux de la Gironde », même propriétaire que le précédent, vendus à l’Etat en 1874, et appelés depuis « magasins généraux militaires ».

Quand il a été question de créer un potager derrière le hangar, j’ai pensé à Pierrot.  Aussitôt, il a bondi sur son vélo (un engin reconnaissable entre tous, équipé d’une sorte de casier en bois sur le porte-bagage) et a pris l’habitude de passer donner des conseils, porter des plants, passer un moment avec l’équipe de la 58ème.pierrot 58 eme

Parfois, quand j’aperçois les plantations réalisées à Niel, je pense à Pierrot, à son bon sourire, à sa générosité et à la gentillesse avec laquelle il a apporté sa pierre au projet en cours. Et nous savons tous qu’il est présent, dans la caserne, pour l’éternité.

 

Brigitte Charles

 

 

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