Membre de l’équipe de roller derby de Darwin, Pierrick a passé plus d’une semaine comme bénévole sur le festival Ocean Climax. Nous le rencontrons alors qu’il se ravitaille au catering entre deux missions de médiation. Portrait d’un grand singe à l’esprit de communauté.

Pierrick
© Sophie Bouchet

« Moi je m’en fous de la programmation, je suis venu pour l’ambiance. » Tout en regard noir brillant et plein de malice, Pierrick nous raconte les raisons de sa participation à Climax. Les premiers mots sont à peine échangés que la pointe de provocation qui le caractérise transparait déjà de son phrasé rapide.

Si Pierrick est ici c’est d’abord pour l’aventure communautaire, pour le travail en équipe, pour les rencontres faites dans l’humour et la sueur. Tout un « esprit village » comme il le résume en une expression qui sonne dans sa bouche comme une formule magique.

Habitué des festivals, en quête perpétuelle d’aventures collectives auxquelles prendre part, Pierrick est arrivé dans l’organisation sur un coup de tête. Membre de l’équipe de roller derby de Darwin, lui qui connaissait déjà le site s’est laissé surprendre par sa superficie. Et pour cause, il en a déroulé des kilomètres pendant Climax, depuis les espaces scéniques où il donnait un coup de main en régie jusqu’aux chantiers de scénographie disséminés ça et là. Depuis la veille c’est en tant que médiateur qu’il arpente la caserne pour accueillir et orienter les festivaliers. « On a donné du feu de dieu aujourd’hui, on a beaucoup bossé. »

Pierrick
© Sophie Bouchet

Pas vraiment manuel de son propre aveu, Pierrick a développé des compétences techniques à force d’expériences comme bénévole sur les festivals. « En fait je suis bon si on me donne des indications ! » D’ordinaire plus porté sur l’informatique et l’infographie, il met régulièrement ses compétences au service du cinéma de son village périgourdin d’origine pour lequel il crée des affiches, à l’occasion aussi pour son équipe de roller derby.

Le roller derby justement, une vraie passion pour celui qui l’a découvert il y a quelques années via le film Bliss mettant en scène Ellen Page. Grand fan de l’actrice – « Ellen Page, c’est ma petite amie » – il a eu un coup de cœur immédiat pour ce sport, et s’est aussitôt impliqué dans l’équipe qui se montait justement à ce moment-là dans son village. Il a même consacré l’année sabbatique qu’il a prise après le bac à sillonner les routes de France pour arbitrer des rencontres. S’il n’a pas toujours été facile de trouver sa place dans un sport traditionnellement féminin et féministe, encore revendiqué comme tel par certaines coachs et joueuses – le roller derby s’est ouvert aux hommes dans les années 2000 seulement -, c’est devenu aujourd’hui une part essentielle de sa vie. « Maintenant je suis tellement à fond on ne peut pas me retirer ça sinon je vais péter un câble. »

Pierrick
© Sophie Bouchet

Concerné par la cause écologiste, celui qui est connu des bénévoles de Climax pour chanter en bossant a eu un rendez-vous manqué avec le véganisme. « J’ai essayé d’être végan mais j’ai taffé à McDonald’s. J’ai tenu quoi 3 semaines. Vu que tu vis, tu manges, tu dors McDo t’es obligé de bouffer de la viande. Sinon c’est petite salade tous les jours. Mais je suis sensible au truc quand même. »

Pierrick
© Sophie Bouchet

A Bordeaux depuis moins d’un an, où il s’est notamment rapproché de son frère jumeau, sa Dordogne natale lui manque. « J’habitais un petit bled de 2000 habitants [Ribérac] où il y a un festival d’ailleurs – c’est ce festival qui m’a fait connaitre tous les autres. Je connais tout le monde là-bas, c’est la meilleure ville du monde et ça me manque de ne pas y être. » Même s’il reconnait qu’à Bordeaux « il y a toujours un truc à faire, un concert, une animation, n’importe quoi. Tu peux pas t’ennuyer ici. »

Mais pour Pierrick l’horizon est bien celui d’un retour à la source, à Ribérac. Celui qui s’est fait tatouer le symbole de son jumeau et ses trois sœurs sur l’avant-bras gauche a ses racines dans la peau. Quand il aura été au bout de son aventure bordelaise, il retrouvera sa terre natale. Pour un retour permanent à son cher esprit village.

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