Il est l’un de ces artistes soutenus par le Fonds de dotation Darwin, qui travaillent A� la Caserne Niel. Ca��est au dA�tour da��un vieux hangar, situA� du cA?tA� des Magasins GA�nA�reux, que nous rencontrons Olivier Crouzel.

Cet artiste aime observer les lieux en perdition mais petit A� petit rA�appropriA�s, soit par la nature, soit par la��homme. Gare A� celui qui le dA�finirait comme artiste-mappeur : son travail ne touche pas A� la��architecture mais bien A� la��A�volution des lieux et des usages qua��en font ses habitants. A la��aide de vidA�os projecteurs, il A�veille le spectateur et la��interpelle sur la��A�rosion humaine. Il nous raconte le rapport qua��il entretient avec la Caserne Niel :

A� Christophe Pit
A� Christophe Pit

Adrien Montiel : Comment es-tu arrivA� A� la Caserne Niel ?

Olivier Crouzel : Ja��ai dA�couvert la caserne il y a 4 ans, je ma��y suis installA�. On ma��a proposA� cet endroit, A� la glaciA?re A�. En 3 jours ja��ai dA�blayA�, ja��ai mis des fenA?tres, des cadenas et hop ca��est devenu un endroit pour travailler. La glaciA?re, il na��y a pas de confort, il na��y fait pas chaud, tu vois lA� ja��ai un petit chauffage sur roulette. Il pleut A� la��intA�rieur mais pas partout, parce que ca��est grand. Ce lieu me sert comme siteA�de production, et mA?me da��exposition.

[blockquote]La��endroit porte bien son nom, il est froid, humide, les murs tapissA�s de graffitis sont dA�labrA�s. [/blockquote]

En y rentrant, on y trouve des morceaux de bA�tons qui jonchent le sol et mA?mes quelques A�paves de voitures. Au milieu de ce grand espace, entre les pylA?nes qui soutiennent le plafond, sont A�tendus des torchons sur des cordes A� linges (photo). Deux autres piA?ces y sont accolA�es, la��une est blanche, la��autre est noire :

Au fur et A� mesure de mon travail, je modifie cet espace par rapport au besoin, et non pas par rapport au confort. Ca�?est un endroit ou de toute maniA?re je na��y resterai pas longtemps puisque il va y avoir des travaux, mais je compte bien avant y faire quelque chose. Ja��aimerai travailler sur ce moment de passage oA? le lieu na��A�tait rien, en prA�figuration, et ainsi voir comment est-ce que la��on peut travailler dans un lieu brut comme celui dans lequel ja��A�volue, pour le comparer A� un lieu de plus en plus en conformitA�. Mais en attendant je prA�fA?re commencer par produire des choses, avant de fabriquer un lieu en fait.

Olivier Crouzel souhaite faire de son atelier un espace de rencontres, entre des artistes, des scientifiques, des architectes. Il voudrait les impliquer dans une rA�flexion autour de la��A�rosion humaine.

Chaque mois qui passe, on a une couche de confort supplA�mentaire. LA� ils sont en train de dA�blayer en haut, et bientA?t il ne pleuvra plus A� la��intA�rieur.A�Ce lieu va devenir plus confortable et donc du coup il va changer.

Les gens auront envie de venir, cela me permettra da��A�tudier comment la��humain se rA�appropriera cet endroit, et A� ce moment ja��en partirai puisque du coup, je na��aurai plus rien A� y faire.

Je crois qua��on en est lA�, A� faire de jolies choses, de jolies expA�riences, trA?s vite tu peux projeter un grand truc sur un grand mur et A�a marche. Les artistes aujourda��hui font des installations, avec de beaux matA�riaux, les A�uvres coA�tent chA?res, ca��est trA?s beau mais ce qui compte aujourda��hui ca��est le fond, ca��est ce que la��on veut dire et partager, car nous sommes au-delA� da��un simple principe da��esthA�tique : la��architecture, la science, tous ces milieux commencent A� A?tre poreux.

Les projets da��urbanisation qui affectent la caserne, laissent supposer que la��on puisse faire qua��un quartier entier A� reparte A� zA�ro A�, sans prendre soin des battements qui pulsent dA�jA� en son sein. Olivier Crouzel sa��inquiA?te de la��unitA� de lieu qui apparaA�tra. Il est important de conserver des coins secrets, bruts, afin da��en ressentir la��A?me de la caserne.

En savoir plus :

www.oliviercrouzel.fr
Olivier Crouzel surA�VimA�o
@Oliver_CrouzelA�sur Twitter

PhotographieA�A� Christophe Pit