Maxime Luchetti (c) Aurelien Gaucherand
Maxime Luchetti (c) Aurelien Gaucherand

Présent depuis un an sur le Dépôt, à Darwin, Maxime Luchetti , président de l’association BDXBMX , organise des séances de BMX Flat tous les lundis à partir du 30 novembre 2015. Rencontre avec un passionné.

Maxime Luchetti (c) Aurelien Gaucherand
Maxime Luchetti (c) Aurelien Gaucherand

BMX pour « Bicycle Motocross » : cette discipline née en Californie dans les années 1970 consiste à effectuer, avec des vélos spécialement équipés, des courses (« race ») ou des figures (« freestyle »). Il existe plusieurs catégories de « freestyle », mais c’est le « flat » que pratique Maxime.
« Le flat, ce sont des figures qu’on pratique sur un terrain plat », explique-t-il. « C’est très visuel, un vrai spectacle. On peut dire que c’est proche du hip-hop ou de la break-dance. Il s’agit de tourner ou de sauter, sur une roue, en enchaînant les figures, tout reposant en grande partie sur l’usage du repose-pied. Pas besoin de terrain adapté, on peut en faire partout».
Le BMX « flat » est un sport que beaucoup pratiquent individuellement et qui n’est pas encore réellement cadré. Mais peut-on peut cadrer ce qui relève du « freestyle » ? Justement, Maxime tient beaucoup à conserver à cette discipline son côté « free ».
« Il s’agit d’un sport de rue, et le cadrer, cela risque de casser ses codes qui reposent sur la liberté. Par exemple, il n’y a pas de fédération, et on n’en veut pas à cause des contraintes que cela pourrait engendrer, comme les protections obligatoires. Le BMX doit garder son esprit « street ». Ce que nous pouvons faire, c’est donner des méthodes pour exécuter des figures, tout en laissant une grande liberté à ceux qui veulent pratiquer ce sport. »
Comme beaucoup d’autres, il a commencé le BMX tout petit, pas aussi petit que d’autres cependant, puisqu’il avait 12 ans. Mais il en a vite fait une passion.

 

« J’ai eu la chance d’être soutenu par mes parents car le BMX est une discipline coûteuse », sourit Maxime, qui aime évoquer son enfance et sa jeunesse heureuses à Saint Aubin de Médoc, ses premiers copains de BMX avec lesquels il est toujours en contact.
« Le BMX est une famille », remarque-t-il. « Nous nous connaissons tous, nous nous retrouvons dans les compétitions. Nous avons la même passion, partageons les mêmes vibrations, le même mode de vie, et en premier lieu le partage. »
Et ces vibrations, Maxime et les autres « riders » n’hésitent pas à les faire découvrir, et pas seulement aux enfants. Certaines grandes marques, mais aussi des entreprises, sollicitent les « riders » d’un certain niveau pour des prestations diverses : inaugurations, lancements de produits, démonstrations dans des boîtes de nuit ou des centres commerciaux.
Le BMX véhicule une image jeune et sportive, toute en performances, avec toujours cette idée de liberté qui en fait une discipline à part. Et il a ses « pro ». Certains « riders » en vivent. Ils ne sont pas nombreux. Maxime, lui, a choisi d’avoir aussi un métier.
« Après le bac, j’ai mis le BMX entre parenthèses et je me suis consacré à la fac. Par chance, j’ai beaucoup de facilités… Deux ans à Toulouse, puis retour à Bordeaux, et deux licences obtenues à l’IMA à Bordeaux (Ingenierie maintenance système aéronautique), et à l’ENAC à Toulouse (Ecole nationale de l’aviation civile) ».
Maxime, spécialiste de la navigation aérienne, sait qu’aujourd’hui sa vie a deux facettes. A lui de les faire cohabiter harmonieusement.
« Il était très important pour moi d’avoir un métier pour la raison que le BMX devait demeurer une passion. Un plaisir. Si je devais en vivre, il y aurait un risque que ce plaisir disparaisse. »


Il enseigne donc le BMX dans le cadre de son association, dans ses moments de loisirs. Il y a une demande grandissante pour cet enseignement, et très peu d’offres. Les élèves peuvent avoir tous les âges, il y a même quelques filles. En 30 minutes, on peut apprendre une figure de BMX, mais gare à la chute : on apprend donc d’abord la chute correspondant à la figure, puis la figure !
Présent depuis 2014 à Darwin, il en apprécie le cadre, ces hangars militaires complètement détournés de leur fonction première, où arts de la rue, graffs, skate, bike polo et autres cohabitent en toute liberté, et depuis longtemps.
Mais pour les « riders », les meilleures vibrations, ce sont les rassemblements : les Vibrations urbaines, 3 jours, 120 élèves ; le Festival International de Sports extrêmes de Montpellier (FISE) : 5 jours, 2000 « riders » (BMX et VTT), 400.000 spectateurs !
« J’ai gagné le FISE amateur en 2012, ce qui m’a amené à passer « pro » pour me dépasser moi-même, faire connaître mes figures et tenter de progresser»,
commente Maxime, qui pense déjà aux prochaines manifestations, l’« Ultimate burning show », l’«Astrolabe », le championnat de France…


Progresser encore, faire connaître son savoir-faire, enseigner, faire toujours mieux, partager sa passion sans la dévoyer, en lui gardant sa pureté, son aura de liberté, voilà comment Maxime vit aujourd’hui sa passion, tout en restant le même.


 

Le lundi de 16h à 20h, Darwin , au Dépôt
http://bdxbmx.fr/ (et sur facebook)

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