Que reste-t il de l'internet libertaire ?

Dans le cadre du cycle de Darwin et du Forum d’Avignon, un débat / conférence a lieu au Magasin Général pour parler de l’héritage d’Aaron Schwartz et nous interroger sur ce qu’il reste en 2016 de l’internet libertaire.

Reculs sur la neutralité du net, menaces sur les données personnelles, censures, directives anti-piratage, TAFTA, état d’urgence… les coups de boutoirs se multiplient pour restreindre les droits et libertés des citoyens sur internet. La libre circulation de la connaissance sur le réseau serait elle définitivement enterrée ?

Mardi 29 mars, 18h30 – 20h au Magasin Général de Darwin

87 quai des Queyries, Bordeaux

Le débat sera animé par Gérald Elbaze gérant et co-fondateur de Médias-Cité, Coopérative d’Intérêt Collectif, dédiée à l’Innovation Sociale et Numérique. 

Outre la salle dont nous espérons une participation vive et débridée, nous avons prévu trois invités pour discuter autour de cette question, avec trois points de vue probablement complémentaires.

Frédéric Bardeau, fondateur de Simplon.co

Frédéric est passionné par la cyberculture et le pouvoir d’agir que redonne Internet aux individus, à la société civile et à toutes les formes d’activisme. Auteur d’un ouvrage sur Anonymous traduit en 3 langues et de « Lire, écrire, compter, coder » qui traite de la démocratisation de l’apprentissage du code, Frédéric a travaillé aux côtés des plus grandes ONG dans leurs stratégies digitales et dirige désormais Simplon.co, une entreprise sociale portant un réseau d’écoles gratuites qui permet à des jeunes décrocheurs et des demandeurs d’emploi des quartiers populaires de devenir développeurs, datartisan, référents ou médiateurs numériques.

Le numérique a son côté obscur comme dans Star Wars : surveillance généralisée, modèle libertarien délétère de la Silicon Valley et de ses plateformes, utilisation commerciale des données privées, ubérisation et robotisation contre l’emploi, absence de réflexion éthique dans l’évolution des technologies, gouvernance… Face à cela, les « Jedi » sont nombreux mais leurs logiciels sont parfois aussi anciens que ceux dont ils combattent les « méfaits » : les libertaires, les hacktivistes et les thurifaires du « libre » méprisent souvent le grand public, les entreprises et les ONG traditionnelles pour défendre une vision très partisane, partielle et partiale de l’Internet « citoyen ». Au lieu de démocratiser les usages créatifs et militants du numérique au plus grand nombre, de permettre l’alliance des mouvements, l’hybridation des modèles, les ponts entre les sphères publiques, privées et non-marchandes, ils préfèrent souvent maintenir leurs positions médiatiques et politiques, et stigmatiser les actions « mauvaises » sans proposer d’alternatives réalistes. Dans ce contexte : à qui profite réellement le crime ?

Oliver Blondeau, Labo citoyen / Citoyens capteurs

Docteur en Science Politique, Olivier Blondeau travaille depuis plus de 15 ans sur les formes de mobilisation politique sur Internet et sur les questions liées au logiciel libre. Il est aujourd’hui délégué de l’association Labo Citoyen/Citoyen Capteur et chef de projet de l’initiative CitizenWatt (www.citizenwatt.paris)

 Que reste-t-il de l’internet de libertaire ? Que sont devenu les « Libres enfants du savoir numérique » ? Il en reste une génération de jeunes gens qui ont découvert qu’ils ne devaient renoncer à aucun prix à leurs droits et leur liberté. Plus surement encore des jeunes gens qui ont découvert qu’il n’y a d’issue que dans le partage de leur savoir malgré les appétits prédateurs qui les entourent. Et c’est surtout des gens prolongent ce mouvement en s’investissant avec passion au service de l’environnement et de l’avenir, notamment dans les fablab et dans le mouvement des makers malgré ses dérives et ses contradictions. 

Aldi Takkal Bataille (Aquinum)

Adli est étudiant en master de sciences du langages et diplômé de lettres classiques et d’entrepreneuriat. Il est passionné depuis son plus jeune âge par la technologie et ses enjeux. En parallèle de ses études il entreprend en freelance dans le numérique et le multimédia. Il est actuellement parmi les pionniers du Bitcoin et de la Blockchain en France. Celui-ci a ainsi fondé un site internet dédié à ce sujet : Le Coin Coin(https://le-coin-coin.fr/), anime des meetups (http://www.meetup.com/BdxCoin/) et conférences(http://adli.io/conferences/), et fait du conseil( Comprendre la Blockchain : http://www.uchange.co/) sur le sujet, il est aussi président d’une jeune association visant la promotion et la discussion de ces nouveaux usages : Le Cercle du Coin(http://lecercleducoin.fr/). 

À l’aune de toutes ces menaces qui visent à contraindre nos libertés numériques, une nouvelle technologie semble pouvoir échapper à tout cela : la Blockchain. En permettant une confiance sans tiers, le rapport de force sur le réseau risque d’être bouleversé. C’est un retour à l’essence d’internet, celle qui était décentralisée et peer-to-peer. Alors que l’on constate aisément la puissante résilience de la décentralisation telle qu’avec les serveurs DNS ou le téléchargement bittorrent, à quoi ressemblera notre espace numérique doté de multiples infrastructures sures, open source, et décentralisées ? Si tout cela fonctionne harmonieusement les mesh-networks suivront et ainsi, tous les cybercitoyens ne pourront plus être numériquement aliénés.

Inscriptions via ce formulaire. Limité à 250 places.

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