Originaire d’Istanbul, Gizem vit depuis quatre ans à Bordeaux où elle poursuit des études de psychologie. Artiste dans l’âme, elle a mis ses talents de photographe au service de l’édition 2016 d’Ocean Climax. Nous l’avons rencontrée à quelques jours de l’ouverture du festival, alors qu’elle immortalisait le travail préparatoire des autres bénévoles. Portrait de notre grand singe à l’accent énigmatique.

Gizem
© Sophie Bouchet

Celle que tout le monde appelle Giz (prononcez Guiz) est d’abord une sonorité. Sa façon unique de prononcer les « r », tantôt légèrement roulés, tantôt appuyés, parfois à peine effleurés, la rendent reconnaissable entre tous. « Avec mon accent on me demande toujours d’où je viens, à moi et pas mes autres amies turques ! » rit-elle. La voix est douce et posée, sa tonalité grave contraste avec la légèreté du sourire.

Percer la voix de Giz c’est se confronter à son premier mystère – un mot qui lui va bien, son prénom lui-même signifiant mystérieux en langue turque. Un prénom pourtant courant comme elle nous l’apprend. « C’est un peu comme Marion ici, j’ai même croisé une autre Gizem à Bordeaux ! »

C’est la deuxième fois que Giz participe à Ocean Climax. Festivalière en 2015, elle avait beaucoup aimé l’esprit de la manifestation et s’est donc naturellement proposée comme bénévole cette année. C’est l’identité propre au festival qui la séduit. « Ce n’est pas seulement de la musique mais aussi pour protéger l’océan. Ce n’est pas un festival industriel, il y a un côté humaniste. »

Gizem
© Sophie Bouchet

Cette amoureuse de la mer qui a passé tous ses étés au bord de la Méditerranée dans la maison de sa grand-mère nourrit un rapport particulier aux environnements naturels, en particulier aux plages, qu’elle aime photographier plus que toute autre chose. D’ailleurs en région bordelaise, c’est surtout l’océan qu’elle capture – sauf quand ses amis lui demandent des photos d’eux, et c’est bien souvent qu’elle entend « Vas-y Giz prends moi en photo ! »

Sa passion pour la photographie remonte au lycée. Après avoir participé à quelques concours, elle a pris goût à la pratique et nourrit désormais un rapport libre à son art. On peut aujourd’hui croiser Giz musarder dans la caserne, en quête de moments de vie à immortaliser. « Sur Climax, j’aime bien prendre des photos naturelles. Parfois les gens sont saoulés, parfois ils ne le savent même pas. » Se promener librement, c’est ce que Giz préfère sur le festival.

Gizem
© Sophie Bouchet

Le respect de la nature est une de ses valeurs fondamentales. Engagée aux côtés de Greenpeace pendant ses années lycée, elle a une fibre écologiste instinctive. Rien ne l’énerve plus que de voir des individus jeter des détritus sur les plages, surtout quand une poubelle se trouve à proximité. Un comportement qui l’irritait déjà en Turquie et qu’elle a le regret de retrouver sur la côte Atlantique de l’Hexagone.

L’année prochaine, Giz aimerait poursuivre ses études par un master en psychologie sociale. « Si je peux, j’aimerais bien faire changer les choses. Mais je ne pense pas que je puisse poursuivre une carrière politique. Je veux commencer par analyser les politiques, les enjeux, la société. » Pas étonnant alors que la jeune photographe nourrisse une admiration pour le parrain du festival cette année, Edgar Morin. « J’aime beaucoup ses idées ». Gizem est en particulier sensible aux messages d’ouverture du philosophe, à ses appels à intéragir et communiquer avec le monde à l’heure où les frontières se ferment.

Gizem
© Sophie Bouchet

Bien qu’elle ne soit pas une groupie comme elle le déclare, cette passionnée de musique est ravie de la programmation du festival cette année. « Je ne sais pas qui a fait le line up mais merci beaucoup à lui ou elle ! » Elle a déjà vu Metronomy sur scène lors de deux passages à Istanbul et est impatiente de retrouver leur énergie en live. « Mais franchement, j’aimerais bien voir tous les artistes. Selah Sue en particulier. J’adore sa voix. »

Et nous Giz, on adore la tienne.

 

Articles similaires