Nouvellement installée à Darwin, l’association Les Détritivores propose d’assurer la collecte et la valorisation des biodéchets de la restauration et de la distribution.

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Les détritivores, ou détritiphages, sont des êtres vivants (bactéries, champignons ou invertébrés), qui se nourrissent de débris animaux et végétaux. L’association du même nom a pour but de collecter les biodéchets et de les valoriser en fabriquant du compost, un fertilisant naturel qui pourra être utilisé dans les jardins et les plantations.
Qu’est-ce que les biodéchets ?
Ce sont, par exemple, les épluchures ou les restes d’assiettes. Ce que l’on sait moins, c’est qu’ils composent entre 50 et 70 % des poubelles non triées des particuliers comme des restaurateurs. Les récupérer permet, non seulement de réduire sensiblement le contenu de ses poubelles, mais aussi de produire ce compost si utile qui agit comme un véritable piège à CO2.

L’association Les Détritivores a été fondée en 2015 par Jean-Marc Gancille, directeur du développement durable à Darwin, Frédéric Petit, Président de Actes Elise Atlantique, et Ludovic Martin, de Compost in situ. Une association qui cherche à s’inscrire dans la durée, avec une démarche sociale de création d’emploi et d’accueil de travailleurs handicapés.
Avec la mise en application depuis le 1er janvier 2016 du dernier palier de la loi Grenelle 2, les entreprises produisant plus de 10 tonnes par an de biodéchets (par exemple un restaurant faisant de 150 à 180 couverts par jour) sont dans l’obligation de les valoriser. Se pose alors la question de leur collecte et de leur traitement. C’est là qu’intervient une association comme Les Détritivores, dont les tout premiers clients sont le Magasin Général, le bistrot-réfectoire de Darwin, et la Banque alimentaire de la Gironde.

« Notre rôle est de récupérer et de transformer ces biodéchets. Pour cela, nous mettons à la disposition de nos clients des bacs de différentes tailles que nous récupérons chaque jour avec un camion », détaille Delphine Ducret, chef de projet de l’association.
« Nous assurons la revalorisation de ces biodéchets ici, grâce à notre micro-plateforme. Mais à terme, nous souhaitons créer des micro-plateformes dans chaque quartier de Bordeaux avec pour objectif de les ouvrir à l’apport volontaire du public.»

Mais comment fabrique-t-on du compost ? Les biodéchets sont mélangés à du broyat (chutes de tailles d’arbres) puis entreposés à couvert pendant 6 à 8 semaines. C’est la phase de fermentation. Ce mélange est ensuite retournée et passé en cellule de maturation. Au bout de 4 ou 5 mois, cela donne un fertilisant naturel à utiliser pour les plantes.

©JM Gancille
©JM Gancille

« Tout cela est encore nouveau pour les restaurateurs et les entreprises », remarque Delphine Ducret, « nous devons donc les accompagner dans ce changement, diffuser de l’information, faire de la pédagogie. »

En effet, il n’est pas toujours facile de changer ses habitudes. De plus, le tri des biodéchets pose parfois des problèmes de place : un bac supplémentaire n’est pas toujours le bienvenu pour les restaurateurs, et les biodéchets finissent le plus souvent dans le bac « tout venant », ce qui n’est pas écologique : à cause de l’humidité de ces déchets, ce sera de l’énergie dépensée en plus par l’incinérateur.
Chaque entreprise doit donc avoir une réflexion globale sur la gestion de ses déchets : tenter d’en produire moins, réutiliser ses restes, acheter ses produits sans emballage plastique, etc. Un vrai changement.

Tout en traitant les besoins de ses clients professionnels, l’association ambitionne de sensibiliser également le grand public sur le long terme en l’incitant à prendre de nouvelles habitudes. Un changement nécessaire dont on comprend assez vite l’importance quand on commence à composter, car c’est là que l’on réalise tout ce que l’on gaspille.

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Les détritivores sur facebook

http://www.les-detritivores.org/

 

 

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